| |
| |
|
La mode est aux rassemblements. Passionnés de motos, de voitures, de montgolfières, que sais-je encore...tous ont leur grand messe. Mais un rassemblement de kassines, voilà qui est nouveau. C'est pourtant ce qui s'est produit à Fresles, en Seine-Maritime il y a quelques semaines. Une quinzaine de personnes se sont retrouvées à "La ferme à tout bout de champ" de Bénédicte Vallois et Nicolas Mazzarese. Beaucoup étaient venus avec leur outil de travail, la Kassine, le porte-outils à vocation maraîchère produit par l'association PROMMATA, de l'Ariège. Bénédicte, Nicolas, Mathilde, Aline, Guillaume et quelques autres présents à Fresles, sont des professionnels du maraîchage, ou souhaitent intégrer cette profession. Ce qu'ils ont aussi en commun, c'est l'intérêt qu'ils portent à la traction animale, dans le cadre de leurs travaux de maraîchage. "Nous sommes en train de monter une sorte de réseau haut-normand de maraîchers en traction animale", explique Nicolas. L'animal tractionneur privilégié par ces maraîchers normands, c'est l'âne. Ainsi Mathilde Rieant qui est installée depuis 2005 à une vingtaine de kilomètres du Havre, a fait de Prosper, un âne normand, son compagnon de travail. "Les débuts ont été difficiles. J'ai dû tout apprendre sur le tas. J'ai suivi une formation de trois jours en traction animale, ainsi qu'une journée de présentation du matériel PROMMATA. Quand j'ai pris Prosper, il avait huit ans, il n'avait jamais travaillé et n'aimait pas du tout ça. Maintenant, nous nous comprenons beaucoup mieux." Tous les participants à cette journée ont pu essayer, tester, comparer les différents outils adaptables à la Kassine. "A mes débuts, je ne disposais que de la sous-soleuse et de disques billonneurs. Ce sont vraiment les outils de base. Ensuite, j'ai fait l'acquisition du vibroculteur et du trisoc. Récemment, la herse étrille est venue compléter ma panoplie. Comme je ne suis pas bricoleuse, les outils PROMMATA sont pour moi très simples d'emploi avec des réglages faciles.", explique Mathilde. Sur le terrain, mais aussi autour de la table garnie de produits bio faits maison, tous ont échangé leurs expériences. "L'objectif de notre rencontre, c'est bien évidemment de mutualiser nos connaissances. Il y a ceux qui ont déjà quelques années d'expérience, et d'autres qui veulent franchir le pas et s'installer", précise Nicolas. Les questionnements sont nombreux. Tous sont convaincus de la pertinence de la traction animale en maraîchage. Mais ce rassemblement avait aussi valeur de test. "Nous utilisons des ânes sur nos fermes, mais nous pensons que le cheval de trait a aussi sa place pour certains travaux, en particulier la préparation du sol. Alors nous avons décidé de nous familiariser avec le cheval". Le cheval de trait était donc le grand invité de cette journée. Solweig et Romuald Mansuy, de l'association "les Chemins du Halage", basée à Pîtres, dans l'Eure, étaient venus avec Médium et Follette, deux traits comtois. "Le chemin de halage" s'investit depuis quelques années dans l'aide à la réintroduction de l'énergie animale dans différents secteurs, comme le tourisme, l'agriculture, la gestion des espaces naturels sensibles et la gestion des services publics, au sein des petites communes et des villes. "Nous souhaitons aller plus loin dans l'utilisation de la traction animale, en particulier en agriculture, dans le maraîchage par exemple, où nous pourrions fournir des services, en tant que prestataires sur des travaux saisonniers", précise Romuald. En plein développement, les fermes maraîchères organisées en AMAP qui fournissent aux particuliers des paniers de légumes à la semaine font de plus en plus appel à la traction animale. L'association du cheval de trait, pour la préparation du sol, et de l'âne, pour l'entretien des cultures, paraît avoir la faveur de beaucoup de maraîchers. Mais avec les difficultés pour accéder à la terre, surtout en périphérie des villes, produire des légumes et entretenir les animaux de trait nécessaires au travail quotidien sur des surfaces restreintes, n'est pas toujours possible. La mutualisation des moyens et l'intervention de prestataires de services offriraient de bonnes solutions. Pour Mathilde, Nicolas, Bénédicte, Aline, Guillaume et les autres, une approche moins individualisée de l'organisation du travail ne serait pas pour leur déplaire. D'ailleurs, un grand bal des kassines est à nouveau programmé pour le mois de septembre.
Jean Léo Dugast |
|
|
| |
|
|
|
|
|
|