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Établie à Rimont, en Ariège, l'association PROMMATA - qui produit depuis 1994 du matériel destiné à la traction animale - a ouvert, pendant deux jours, les portes de ses locaux et de ses ateliers. Découverte.
Longtemps au service des Michelines qui s'y arrêtaient plusieurs fois par jour, la petite gare de Rimont vit désormais au rythme des kassines qui sont produites dans ses murs. C'est en 1994 que l'association PROMMATA, décidée à monter dans le train de la traction animale - un train à petite vitesse - a investi les locaux. A l'étage, les bureaux de l'association et au rez-de-chaussée, les ateliers. En quinze ans, PROMMATA, s'est fait un nom. Le matériel de couleur rouge est devenu le synonyme des pratiques culturales respectueuses de l'environnement qui ont fait des animaux de trait leurs sources privilégiées d'énergie motrice. Pendant ces 15 années, le train de la traction animale a pris un peu de vitesse. Pas au point de risquer l'emballement. Mais ce qui n'était que quantité négligeable est désormais qualifié d'activité de niche. Kassines, Polynols, Matavignes - les porte-outils phares estampillés PROMMATA - sortent sans discontinuer des ateliers de la gare de Rimont. Au point qu'il faut attendre quelques mois, avant que les commandes des clients ne soient honorées. A ce jour, ce sont près de 300 porte-outils qui ont été produits pour le marché français. Pendant deux jours, les 18 et 19 avril, la gare de Rimont est restée porte et fenêtres ouvertes. Une aubaine pour les nombreux visiteurs qui se sont pressés dans cet espace de rencontres conviviales et festives. Trouble-fête notoire, la pluie avait bien tenté de noyer le site dans les jours qui ont précédé l'événement. Acte de sabotage partiellement couronné de succès, puisque la prairie mise à disposition par la mairie de Rimont, en contrebas de la gare, s'est révélée impraticable, à l'heure où kassines et polynols devaient entrer en piste. Regrettable aux yeux de ceux qui avaient espéré voir évoluer les petites machines rouges dans des conditions réelles d'utilisation. Il a fallu se rabattre sur la carrière au sol de copeaux noirs qui jouxte les ateliers. La kassine, porte-outils destiné au maraîchage, et le matavigne, davantage orienté vers la viticulture, deux valeurs sûres de PROMMATA qui n'ont plus le charme de la nouveauté, ont ouvert le bal des démonstrations. Mais c'est un nouveau porte-outils qui a eu les faveurs du public. Comme le polynol, dont il s'inspire, il aura vocation à servir en culture de plein champ. Il ne s'agit encore que d'un prototype qui reste à peaufiner et à baptiser. Plus pesant que ses prédécesseurs, il commandera la force de traction de deux chevaux, surtout en terre lourde. Alors que le programme annonçait que "toutes les étapes de la culture sur billons seraient expérimentées", avec l'utilisation d'outils les plus divers - vibroculteur, herse étrille, sous soleuse, billonneuse à disques, lames sarcleuses, trisoc de sarclage - la délocalisation des démonstrations n'a permis qu'un programme minimum. Comble de l'ironie, c'est sous un soleil radieux que ce sont déroulées ces journées portes ouvertes. PROMMATA a vu le jour en 1991, en Ariège. L'association n'aurait sans doute pas existé sans la présence de Jean Nolle qui avait mis au point pour les pays en voie de développement la MAMATA (Matériel Agricole Moderne A Traction Animale), au cours d'une centaine de missions sur les cinq continents. Ce petit matériel, également utilisé, dès les années 80, par des paysans ariégeois, a permis de mettre en valeur la traction animale partout où elle est rentable, sur les zones sensibles, les territoires à fort handicap naturel et les petites surfaces orientées vers une production de qualité. Après quelques modifications, ce matériel simple, polyvalent et innovant s'est révélé adapté à une utilisation sur des terres européennes. Après le décès de Jean Nolle en 1993, l'association PROMMATA a poursuivi la tâche en accentuant le développement vers l'agriculture française tout en poursuivant les actions de coopération internationale avec des pays africains, le Burkina Faso, Madagascar, mais aussi l'Ukraine. PROMMATA s'appuie sur un réseau de 450 adhérents en environ 250 utilisateurs de matériel PROMMATA. L'association qui a son siège à la gare de Rimont compte 8 salariés, dont 5 se consacrent à la production dans les ateliers. Le succès de PROMMATA n'aurait pas été tel sans la mise en place dès 1997, d'une politique de formations destinées aux utilisateurs potentiels de MAMATA. Les modules de formation d'une durée de 2 à 6 jours sont organisés, selon trois cycles de spécialisation. Le premier cycle est consacré à la connaissance de l'animal de trait, avec des modules sur l'entretien et la conduite du cheval des les travaux agricoles ou l'approche de l'âne et de la traction asine. Le deuxième cycle se concentre sur le MAMATA et les techniques culturales. Parmi les thèmes proposés : maraîchage avec les chevaux et le porte-outils kassine, viticulture avec le porte-outils matavigne et utilisation du polynol. Un troisième cycle est destiné à ceux qui veulent approfondir leurs connaissances, avec par exemple une formation de trois jours sur la gestion d'une exploitation de maraîchage en traction animale. Les journées portes ouvertes de PROMMATA ont aussi été un formidable lieu de rencontres. Plusieurs forums de discussion avec un thème central, l'autonomie alimentaire, ont attiré un large public. De nombreuses associations étaient présentes. L'animal de trait, l'agriculture alternative, la biodiversité, l'économie solidaire, l'accès au foncier, autant de sujets qu'il était possible d'aborder avec les membres de ces associations. Indissociable de ce genre de manifestations, le marché fermier a permis à chacun de découvrir une gamme complète de produits présentés par de petits paysans ariégeois, tous militants d'une agriculture respectueuse des hommes et de la nature.
Jean-Léo DUGAST |
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