Les ânes au travail à Labarthe

mardi 6 mai 2014
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Le portrait de la ferme du formateur Jo Ballade :

Située dans une zone de coteaux, la ferme de La Barthe produit des légumes de plein champ et des plantes médicinales sur un hectare, découpé en une dizaine de parcelles. Depuis 1997, les ânes ont remplacé une jument bretonne.
Certaines lignes de cultures font 80m de long, d’autres tout juste une quinzaine ; le sol est souvent difficile à travailler : lourd ou sec et se « salissant » facilement. Les jardins sont influencés par un environnement sauvage de bois et de landes.
Les passages dans les cultures sont souvent dignes d’un parcours d’adresse : manœuvres en fins de rang très étroits, passages d’une parcelle à l’autre. Des façons culturales différentes, des changements d’outils fréquents sur le porte-outils, du petit labour, si le stagiaire demande, mais des billons, surtout, des buttes et des sillons, bref du relief mais que des bonnes manières.
Dans ces conditions, l’âne est pour nous l’animal de trait idéal ; il tire seul ou en paire. Il passe dans les lignes de basilic espacées de 45cm, il sous-sole le long des planches de fraisiers, il butte et récolte les pommes de terre. En fait, il fait tout ! Grâce à sa souplesse et à son étroit empâtement (et aussi à la maniabilité du MAMATA), l’âne peut entrer dans de très petites parcelles, raser les bords de terrasses exiguës, tourner autour des arbres fruitiers, passer dans les interlignes de framboisiers... Au producteur professionnel sur petites surfaces, comme au modeste jardinier amateur, l’âne offre sa force et sa patience.
Luki, hongre craintif mais qui travaille tout seul, Pépita, maligne et cabotine, mais qui tire comme deux, sont souvent secondés, pour les formations, par les jumeaux pyrénéens de Benoît, les braves Laurel et Hardi.
Nous utilisons le Kanol à brancards mais la Kassine, depuis 1994, assure la plupart des travaux de préparation et d’entretien du sol.
L’outillage a évolué en même temps que nos pratiques ; grâce aux échanges avec l’atelier, qui a su rendre fonctionnels des outils n’ayant jamais existés, nous pouvons dorénavant travailler la terre profondément mais en douceur et entretenir nos cultures jusqu’aux récoltes.
Les formations sont avant tout un moment d’échanges et elles permettent de partager nos connaissances et de montrer un savoir- faire ; elles sont l’occasion d’une mise en confiance pour mieux appréhender le travail avec notre animal mais aussi en mesurer les limites ; et enfin, un moment convivial où l’on a envie, ensemble, de courtiser la terre ...

Jo Ballade, formateur PROMMATA en maraîchage avec les ânes et le porte-outils Kassine (France et international)


CHAÎNE VIDÉO DE PROMMATA  | 
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