Poster un commentaire à la suite de l’article...

vendredi 26 septembre 2014

Témoignages de stagiaires

Cette page vous est dédiée
vous qui avez été formés par PROMMATA hier, ou bien il y a 15 ans ...
Vous pouvez y mettre vos témoignages et vos remarques pour l’avancement de l’Agriculture en Traction Animale Moderne. Merci de préciser les dates au moins approximatives de votre formation. ATTENTION, (...)

En réponse à...

Logo de Maialen
jeudi 19 novembre 2015 à 15h19 - par  Maialen

C’est enthousiaste que je suis revenue dans mon pays de cette formation sur 6 mois entre l’Ariège, à la ferme Les Jardins d’Illas à Rivèrenert, et l’Aude, à la ferme du Chant du Pissenlit à Galinagues.

D’abord parce que s’accorder du temps pour une formation en coupant avec son quotidien permet d’être centré et disponible pour apprendre, comprendre, rencontrer, réfléchir et avancer.
Ensuite parce que c’est une formation complète accompagnée par deux jeunes formateurs-paysans, Guillaume Kedryna et Jérémie Vandermosten, passionnés et généreux dans leur transmission du savoir. Sans oublier la présence de Claude Sandillon qui a su partager avec nous son expérience et son savoir faire précieux.

C’est une formation pratique :
Dans chaque lieu, nous étions en situation, dans une ferme en activité, avec un type de sol particulier, un climat spécifique, une organisation de travail et des choix de pratiques, mais aussi un environnement propre (humain, géographique, économique, …). C’est concret, et c’est une référence de quelque chose qui fonctionne en traction animale.
Ensuite les méthodes enseignées ou plutôt transmises, de soins, de dressages et de guidages sont en adéquation avec un lieu de travail, et des outils de traction animale utilisés en situation de travail. Il n’y a pas de dogme, mais la recherche d’une cohérence et d’un équilibre entre les besoins de l’activité agricole, l’animal qui nous accompagne dans le travail et le ou la paysanne. On peut se faire sa propre idée sur l’utilisation de tel outil, de telle dent dans tel sol ou telle configuration de culture, quel temps de travail, quelle organisation ça demande. Les formateurs sont des paysans, on n’est pas dans la théorie mais dans la pratique et l’expérience.

C’est une formation complète :
On commence par le travail en rond de longe, cet espace sécurisé où l’on a appris à communiquer avec le cheval, d’abord sans utiliser la voix, apprendre à se placer par rapport au cheval pour le faire marcher, s’arrêter, tourner, changer de main… apprendre à gonfler sa bulle… mettre une intention dans sa demande… puis intégrer la voix, « marcher », « tourner gauche », « Oh laà »,… apprendre à monter les phases et savoir les descendre… puis intégrer le menage aux guides… puis le palonnier et un outil… Désensibiliser son animal au matériel, mais aussi aux éléments et bruits… et puis sortir du rond de longe et confirmer les apprentissages dans un espace libre, puis dans un parcours précis avec des plots, pour en arriver au champ. Après avoir pansé, curé les pieds, on harnache son cheval, et on l’attelle à un outil, la kassine, le mata, ou un canadien, une herse, … ou la charrette de récolte ! En fonction de l’objectif, travail du sol, montage de butte, entretien de culture, ou récolte, on a choisi son outil, et la combinaison de dents adaptées au travail défini et au sol : dents de vibro, ou soc queue d’hirondelle, oreille de cochon, côte de melon, patte d’oie, doigts bineurs… et c’est parti ! On pratique, on expérimente, et on apprend un peu plus tous les jours en situation.
C’est quand même autre chose de pouvoir travailler avec son cheval, c’est tout de même une autre vie, quel bonheur ! Mais attention le cheval est un animal instinctif, sa première réaction est la fuite, et les consignes de sécurité sont répétées, et au début les mousquetons de sécurité sont assurés.
J’ai également apprécié les interventions extérieures ou les différents ateliers proposés :
Alimentation, santé et soins de l’animal ; connaissance du pied, parages et maréchal ferrant ; bourrellerie et entretien du cuir ; approche des différents métaux et initiation au travail du métal ; approche des techniques de travail du sol ; quelques principes B.A.ba de débardage… étude économique d’un projet ; commercialisation et mise en place d’un stand de marché ; savoir communiquer en TA…
Et puis les adaptations qui m’intéressaient plus particulièrement, relatives à mon projet en arboriculture production de fruits, comme le travail du sol en déport avec le mata (brancards déportés sur un côté pour pouvoir travailler aux pieds des arbres ou petits fruits), l’utilisation de la décavaillonneuse (que je pourrais éventuellement utiliser pour son système de palpeur, mais avec d’autres dents) avec un menage de précision, ou le menage à la charrette pour la récolte.

Agronomiquement, j’ai fait un bon en avant. Au delà de tout l’intérêt que présente la TA (plus besoin de carburant, plus de paillage plastique, moins de problème de tassement du sol, un apport en fumier, …), cette formation m’a permis de mieux comprendre l’effet d’un outil, d’une dent, d’un soc dans tel type de sol, et donc le choix de telle dent pour tel sol et/ou tel travail du sol. Je l’avais appris et un peu pratiqué avec le tracteur, mais j’ai fait encore plus de chemin avec la TA qui permet en plus des combinaisons de dents et socs différents.

Il reste toujours à approfondir un savoir par la pratique, encore et toujours, et par sa propre expérience en situation, mais j’ai terminé cette formation avec une boîte à outils bien remplie, et aujourd’hui j’ai les ingrédients nécessaires pour me lancer en autonomie dans un projet en TA. Pour l’instant il me manque le foncier…

Aujourd’hui je vois Prommata comme un réseau nécessaire, un soutien dans l’installation en TA : outillage (évolution participative et adaptation), mais aussi échange d’expériences. Comme disait Jean-François Bouchy (maraîcher durant 40 ans et formateur intervenu au Pays basque), un maraîcher tout seul même après 40 ans de carrière, n’a que 40 expériences soit 40 saisons, alors que 10 maraîchers réunis, c’est déjà 400 expériences partagées. Et je pense, comme pour beaucoup de domaine, que la formation est un socle indispensable au développement d’un projet, c’est par la transmission que l’on communique le mieux et que l’on pourra multiplier les projets en TA.
Alors longue vie à cette formation et bonne route aux suivants !

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Mots-clés : squelette-habillage
    Mots-clés : sqelette-agenda

CHAÎNE VIDÉO DE PROMMATA  | 

Navigation

Mots-clés de l’article

Articles de la rubrique

  • Témoignages de stagiaires
Soutenir par un don