Les Jardins Maraîchers du Tot

mardi 6 mai 2014
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Le témoignage de Clément Lechartier :

Les Jardins Maraîchers du Tôt, ou Jamato, au départ, c’était Mathilde Rieant la maraîchère et Prosper l’âne. C’était en 2005 et sur 1000 m2, au Nord de la Seine, près d’Etretat. Aujourd’hui en 2010, Mathilde a arrêté et Prosper nous a quitté. Clément poursuit avec Rudy comme salarié, accompagné de Pirouette et Muscade comme ânesses. Il y a 2,40ha dont 1 en maraîchage, 1200 m2 de tunnels et le reste en prairie. Sous les tunnels, le tracteur n’est plus passé depuis leur montage. Dehors, il fait le gros de la préparation à la sortie de l’hiver et au printemps avec une déchaumeuse à socs, une charrue mono soc et un vibroculteur. Après le vibro, ce sont les ânes qui bossent et montent les premières buttes. L’objectifs de l’année n’est pas de se passer du tracteur, mais plutôt de remplacer la ratisse et le croc à main par la gamme d’outils accrochés derrière la Kassine, mais dont l’usage nécessite encore quelques adaptations. Pour ce qui est du croc, il est presque rangé. La billonneuse puis la herse étrille suffisent pour préparer le semis de carottes. La ratisse est en revanche toujours d’actualité. Il manque l’outil pour bien désherber le bord des buttes. Pour le désherbage sur le rang, la herse étrille n’est pas encore utilisée dans toutes ces possibilités, mais c’est en bonne voie.
Si dans un premier temps les ânes trouvent leur place dans la préparation des semis, l’entretien des buttes et la récolte pour produire un nombre suffisant de légumes pour les revenus des humains qui y bossent, alors ce sera une première victoire. Dans la région, la pratique se développe et le réseau de traction animale moderne né à l’automne 2008 a permis une émulation, des rencontres, l’amélioration des outils et a incité certains à franchir le pas de l’installation.Si aujourd’hui l’heure est à l’optimisme, cela n’a pas toujours pas été le cas. La question d’abandonner les ânes s’est posée plusieurs fois. Pourquoi poursuivre ? Pour le plaisir avant tout. La peine est souvent lourde et le revenu léger, alors ôter le plaisir du travail bien fait en douceur et en complicité, au pas de l’âne, le plaisir de se retourner et de voir cette belle butte presque droite, ce binage presque parfait sans efleurer les épinards...
Poursuivre par entêtement aussi, parce qu’on est persuadé d’avoir raison et qu’après les pires séances avec ânes capricieux et carottes arrachées, il y a toujours un motif d’espoir. On se dit "il suffirait peut-être de changer ce réglage et de ne pas faire travailler Pirouette à l’heure de sa sieste !" Et c’est reparti. Cinq ans après, la Kassine est toujours là. Une autre arrive en mai 2010, une en version une roue et l’autre en deux roues. Une double sous-soleuse et une ratisseuse sont à l’essai, ainsi qu’un petit rouleau derrière la billonneuse.
Clément Lechartier


Portfolio

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